LE PERE FILLERE EXALTE L’INSTINCT RELIGIEUX


En introduction nous reproduisons
deux textes brefs du Père Fillère datant de 1946 sur l'instinct religieux.

JEUNESSE ET SENS DU DIVIN

Ce texte est extrait d'un discours prononcé le 22 mars 1946 à la salle Cadet à Paris,
lors d'une réunion publique ayant pour thème "De l'athéisme à l'esclavage".


La première chose, c'est de remonter au Paradis terrestre. Nous y trouvons en même temps le sens du divin, cette connaissance immédiate, intuitive, amoureuse et suave de l'Auteur de toutes choses, et dans la mesure où l'on garde encore au dedans de soi un sens de l'innocence et une certaine candeur des origines l'enfant ou celui qui n'a pas encore péché, celui là a un regard plus lumineux. Il saisit ... Comme c'est facile de faire comprendre DIEU à un enfant ! Ne croyez pas que l'enfant soit plus bête que l'homme adulte ! Il est beaucoup plus fin, moins apte bien entendu à dominer la nature; il a moins d'expérience, il ne croit pas à la malice des hommes parce qu'il n'a pas été abusé comme nous le sommes, nous, à notre âge. Il sait très bien voir le côté critique des choses. Il sait se moquer de son professeur, juste sur le point le plus sensible, exactement sur le point où le professeur prête à la critique ou au ridicule ...

Il y a une lumière, un pétillement, à l'âge de quatre ans, dans les pourquois qui fatiguent père et mère. Il y a une luminosité dans l'intelligence de douze ans, une limpidité dans l'enfant de quinze ans; il y a même une curiosité philosophique dans l'esprit de dix sept ans, que vous ne trouvez plus chez le philosophe de cinquante ans; celui ci répètera des formules ...
LE PREMIER GESTE DE L'HOMME

Cet article est pris dans l'éditorial du n°2 du journal tract "l'Humanité nouvelle"
qui précéda le bimensuel "L'homme nouveau".


La Bible nous raconte comment l'homme, formé du limon de la terre, se leva sous le souffle de DIEU
Quelle que soit l'hypothèse acceptée sur l'origine de l'homme, il y a toujours un moment où l'homme prend conscience de lui même, et se lève.
A ce moment là, sous peine de voir chavirer sa raison, l'homme cherche inéluctablement à se rattacher à une source. Il cherche son père et sa mère.
Le film américain "Verts Pâturages" nous évoquait puissamment le premier geste de l'homme. L'homme se dressait, étonné de sa propre existence. Qu'allait il faire ?
Se jeter à plat ventre, embrasser la terre, la matière, en lui disant: tu es ma mère ? Ou bien lever les yeux et les mains vers DIEU, dans un acte d'adoration, de louange et de reconnaissance : Père ?
Les marxistes sont d'accord avec nous sur ce point qu'il n'y a pas d'autre alternative. Mais eux choisissent d'embrasser la terre... LE LE ROYAUME DE DIEU EST PROCHE

Évangile veut dire bonne nouvelle.
Au fait, quelle est cette bonne nouvelle?
Proche ? Est-ce à dire qu'il faut attendre une chrétienté ou la fin des temps dans les prochaines années,autour de l'an 2000 ?
Dieu seul le sait. Toute supputation sur une telle proximité ou à l'opposé tout renvoi assuré de la Parousie dans des millénaires, voire des millions d'années, sont fort imprudents. "Un jour est comme 1000 ans pour le Seigneur" (2e PI 3,8). Car si nous devons scruter les bonds en avant de l'humanité - et nous le ferons, car il y en a - nous ne pouvons, sans provocation présomptueuse, affirmer l'éloignement de la Parousie. A l'extrême, c'est provoquer Dieu que de proclamer une proximité chiffrée dans un sens ou dans l'autre.

Proche ? Il y a une proximité de désir. L'attente passionnée entraîne une amoureuse impatience du Jour du Seigneur, de la pleine réalisation de l'humanité et du cosmos par Jésus?Christ. C'est cet ardent désir qui porte l'histoire vers son terme.

L’espérance, certitude, de la fin dernière de l'humanité donne force aux hommes et aux peuples dans leurs espoirs temporels : chacun d'entre eux y prend un sens ; impossible n'est pas chrétien. Le dépassement reste toujours possible puisque ce que Dieu nous prépare dépasse tout ce que l'on peut imaginer.

Proche enfin, parce que Jésus? Christ est ressuscité ; il est vivant. L'Esprit?Saint est si proche qu'il peut animer personnes et peuples qui savent dire oui. Par Lui, l'Amour est déjà présent. Il peut susciter des chrétientés qui ne sont que ferments, que tremplins, pourvu toutefois qu'elles ne nous distraient pas de dire « Seigneur, viens ! » Marana Tha !

Pere FillèreCheval Blanc